Le marché du vin : tendances et évolutions

La plupart des marchés, qu’ils soient économiques ou financiers, ont connu un coup d’arrêt en 2020. Aujourd’hui, même si la crise sanitaire n’est pas encore terminée, la plupart de ces marchés se sont soit adaptés, soit relancés et un nouvel élan est en marche. Qu’en est-il du marché de vin ? Qui sont aujourd’hui les leaders du secteur, et les nouveaux entrants ? Qui domine les échanges mondiaux et quel avenir donner à ce marché ? Nous vous proposons quelques éléments de réponse.

Etat des lieux

Pour faire un état des lieux sur les puissances mondiales du marché du vin, trois critères sont à prendre en compte : les producteurs, les exportateurs et les consommateurs.

Les producteurs en 2020

  • 1er : Italie avec 18% de la production mondiale
  • 2ème : France avec 16% de la production mondiale
  • 3ème : Espagne avec 14% de la production mondiale
  • 4ème : USA avec 11% de la production mondiale

Comme nous pouvons le voir, l’Europe, avec l’Italie, la France et l’Espagne, reste le leader mondial de la production de vin, et de loin. Les USA confirment leur 4ème place avec 11% des parts de marché, assez stable depuis quelques années. Dans l’hémisphère sud, la production de l’Argentine et du Brésil a progressé par rapport aux années précédentes, tandis que le Chili stagne et même régresse certaines années, avec 4% de la production mondiale en 2020.

La production de vin bio, elle, augmente partout sur le globe. En Europe, c’est l’Espagne et l’Italie qui occupent les premières places, devant la France qui possède près de 100 000 hectares de vignes certifiées (la surface certifiée AB du vignoble Français ayant doublé depuis 2007).

Les exportateurs

Le marché des exportations de vin représentait 29 milliards d’euros en 2019.

  • 1er : France avec 33% des exportations
  • 2ème : Italie avec 21% des exportations
  • 3ème : Espagne avec 11% des exportations
  • 4ème : Australie et Chili avec 7% des exportations

La France reste le leader de l’exportation, grâce à la renommée de ses vins. Cependant, le pays perd des parts de marché depuis quelques années. Ce secteur qui représentait 9 milliards de CA en 2017, est de 8 milliards d’euros en 2020.  Les pays de l’hémisphère sud, notamment l’Australie ont une stratégie agressive pour conquérir le marché, et cela fonctionne assez bien aux USA et en Asie, où la France perd des parts de marché au profit de ce pays. On peut donc expliquer la baisse de régime, en 2020, des exportations françaises du fait de la concurrence des nations du sud, des nouvelles barrières à l’entrée (comme la « taxe Trump »), ainsi que du fait du ralentissement global du marché, notamment dû à la crise sanitaire.

Les consommateurs 

La hausse des achats de vin en ligne
  • 1er : USA avec 14% des vins consommés
  • 2ème : France avec 12% des vins consommés
  • 3ème : Italie avec 10% des vins consommés
  • 4ème : Allemagne avec 9% des vins consommés
  • 5ème : Chine avec 8% des vins consommés

En 2020, près de 255 millions d’hectolitres de vins ont été consommés dans le monde.

Cette consommation augmente dans les nouveaux pays producteurs, et à tendance à diminuer dans les pays du vieux continent, France, Italie et Espagne. Les USA sont donc les premiers consommateurs mondiaux, avec près de 35 millions d’hectolitres de vins consommés chaque année. Consommation composée en grande partie de vins importés. En France, en revanche, 9 bouteilles sur 10 sont de production locale, ce qui prouve l’attachement des Français à leurs savoir-faire et à leurs vignobles. Le vin représente d‘ailleurs 62% de la consommation d’alcool par habitants en France. Les ventes de vin bio ont doublé depuis 2012 (bien que la part de marché ne représente en France que 3,72%) mais devraient encore doubler d’ici 2022.

Quelles tendances pour le marché du vin en 2021 ?

« Moins mais mieux »

La tendance de 2020, consommer moins, mais mieux devrait perdurer en 2021. Le budget moyen par personne devrait donc augmenter, mais la consommation en quantité elle, devrait continuer de reculer.

Ce qui a changé

2021 devrait aussi être l’année des nouveaux formats. En 2020, le Bag-in-Box, ou cubi en français, s’est fortement développé, répondant à des besoins de consommation à domicile, et facilement transportable. Dans cette même veine, c’est le format de la canette qui verrait se développer en 2021, n’en déplaise à certains puristes. Part des formats parmi les échanges mondiaux :

  • 72% de bouteilles de vins tranquilles
  • 19% de vins effervescents
  • 8% de cubis

La pandémie a également donné une grande force aux vendeurs de vin en ligne, et la tendance devrait également se poursuivre avec la création de nombreux sites web, le développement des leaders du secteur, et ainsi répondre aux besoins d’immédiateté des consommateurs.

Le changement à la tête des USA fait naître un espoir d’annulation de la taxe de son prédécesseur. Depuis octobre 2019, les vins tranquilles français de moins de 14% sont taxés à 25% à leur entrée sur le territoire américain. Avant cela, la place de Bordeaux par exemple connaissait une croissance de 3% à 4% par an, qui a chuté de 6% depuis la mise en place de cette taxe.

Les prévisions

L’œnotourisme, largement à l’arrêt suite à la pandémie de Covid-19 devrait doucement se révéler et repartir, mais la réelle prise d’activité n’est à prévoir qu’à partir de 2022.

Les importations repartent aussi à la hausse depuis quelques mois, un effet de « fin de pandémie » selon les experts, ce qui relance également le marché, notamment celui des grands crus, très appréciés des marchés asiatiques. Le marché asiatique est notamment tiré vers le haut par le marché chinois, qui deviendra vraisemblablement très bientôt le 2ème marché mondial derrière les USA.

Depuis quelques mois, les indices du vin ont progressé et le Liv-ex 100 (indice financier du marché des vins) est dorénavant à son plus haut niveau depuis 2011. Un nouvel espoir donc, d’une reprise d’activité presque à la normale. 

Les aléas du changement climatique

De plus en plus fréquents ces dernières années, les événements climatiques viennent remettre en question les productions partout dans le monde. Apres les incendies dévastateurs en Australie et aux USA, c’est à présent le vignoble français qui subit les conséquences du gel.

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