Tour de France : Petites histoires alcoolisées.

Chaque édition du Tour de France se conclut par le même rituel : le maillot jaune savourant une coupe de champagne sur son vélo lors de la dernière étape menant aux Champs-Elysées. Si la consommation d’alcool sur la Grande Boucle est aujourd’hui limitée, ça n’a pas toujours été le cas…

Direction le bar du village

On est en 1919, c’est la toute première fois qu’apparait un maillot jaune sur le tour. Eugène Christophe le portait alors, et raconte : en guise d’excitants, il n’hésitait pas à boire « un petit peu de champagne » et du « cognac sur du sucre » lorsqu’il faisait froid. Il faut se souvenir qu’à l’époque les coureurs avaient interdiction de se partager les bidons d’eau, et qu’en cas de soif hors des points de ravitaillement, ils étaient « contraints » de s’arrêter au bistrot de village pour, par exemple, descendre une chope de bière.

 

Coureur buvant une bière lors de la 18e étape du Tour de France, le 17 juillet 1933. (AFP)

Alcool sur le Tour, entre légende urbaine et drame

Certaines histoires font aujourd’hui partie de la légende du Tour. En 1950, Abdel-Kader Zaaf est victime d’un malaise lors d’une étape dans l’Hérault. Photographié alors dans un état second, et empestant le vin, il est vite accusé d’ivresse. Jacques Augendre dans Petites histoires secrètes du Tour raconte finalement la véritable histoire : « Les viticulteurs compatissants qui voulaient le réconforter n’avaient à leur disposition que des bonbonnes de vin et l’aspergèrent de rosé frais, d’où la rumeur selon laquelle il s’était enivré. »

Plus tragique, on se souvient aussi de ce qui est arrivé au Britannique Tom Simpson.  En 1967, celui-ci meurt lors de l’ascension du mythique mont Ventoux. Son équipier Vincent Denson lui tend une bouteille de cognac prise dans un bistrot. L’anglais ne survivra pas au mélange d’alcool, d’amphétamines, de chaleur et de fatigue.

L’aquaphobie de Anquetil

« J’ai essayé d’en boire une bouteille au déjeuner, mon estomac ne l’a pas supporté » prétend le français Jacques Anquetil au sujet… de l’eau ! Selon les Petites histoires secrètes du Tour, le cycliste soignait d’ailleurs ses crises de foie à la bière glacée, et ses rhumes au Calva. Il écrira sa légende lors de la 14e étape du Tour 1964. La veille, il se rend à un méchoui, buvant de la sangria servie à la louche. En difficulté en début d’étape dû à sa soirée, il se rafraîchit à coup de champagne avant de rattraper tout le peloton.

Et aujourd’hui ?

Sous l’effet des évolutions réglementaires et législatives, on ne trouve presque plus d’alcool aujourd’hui sur le Tour. En effet, le professionnalisme a obligé les coureurs à suivre des régimes stricts, où les excès sont interdits. Il faut désormais s’inviter à la table des vainqueurs d’étape pour trouver quelques bouteilles de champagne !

 

Ecrit à partir de l’article de Franceinfo

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