Tout savoir sur la Clairette de Die

Située au pied du Macif du Vercors, et au bord de la Drôme, la Clairette de Die est l’un des plus anciens vins effervescents en AOC de France. Assez méconnu du vignoble de la vallée du Rhône, le pays diois est pourtant l’une des régions vinicoles les plus ancestrales. Par ailleurs, son savoir-faire unique, est protégé par des appellations et des méthodes de fabrications reconnues. Partons ensemble à la découverte de ce vin blanc effervescent sucré, qui, c’est sûr, vous donnera envie de le découvrir.

Les origines de la Clairette de Die

La Clairette de Die est un vin effervescent, d’appellation d’origine contrôlée, originaire du vignoble de la vallée du Rhône. Et plus précisément dans la vallée de la Drôme.

C’est un vignoble qui remonte à l’antiquité. Alors, la cité de Dea Augusta Vocontiorum (ancien nom de Die), était l’une des principales villes de la partie sud de la Gaule. On y cultivait à l’époque deux cépages antiques : le helvennaca et le diachytos. C’est l’auteur romain Pline l’Ancien, qui nous permet de remonter à cette époque. En effet, il évoque la qualité de ces vins dans ses récits en 73 avant notre ère.

La légende raconte que les gaulois présents dans cette région à l’époque, auraient abandonné des jarres contenant du vin dans une rivière pendant tout un hiver. Au printemps suivant, ils les auraient redécouvertes, et du vin sucré et pétillant en serait alors sorti. La légende était née.

Le développement de la Clairette de Die

Ce n’est qu’à partir des années 1700 que les vignerons de cette région se sont mis à cultiver le cépage de la clairette, ainsi que le muscat. D’après un manuscrit, conservé aujourd’hui au musée de Die, les vignerons ont commencé à cette époque à produire des vins mousseux, selon l’ancienne méthode de fabrication. La multiplication des caves à cette époque a permis l’essor de ces vins.

D’abord vendue sur les marchés locaux, la Clairette de Die s’est ensuite développée via la voie de chemin de fer reliant la région à Paris et Marseille. Enfin, en 1925, l’adoption de la bouteille champenoise fit prendre un nouvel essor à ce vin, qui fut, à partir de ce moment-là, commercialisé partout en France.

Dernièrement, en 1950, une coopérative, aujourd’hui nommée la Cave de Die Jaillance a été créee. (Elle produit aujourd’hui 73% des bouteilles de Clairette de Die). Elle permet à l’appellation et aux vins de la région d’atteindre la réputation qu’ils ont aujourd’hui.

La Clairette de Die en quelques chiffres

La clairette de Die représente aujourd’hui près de 1500 hectares de vignes, répartis entre une trentaine de producteurs.

Chaque année, ce sont environ 12 millions de bouteilles de Clairette de Die qui sont commercialisées.

En moyenne, le vignoble de Die se trouve entre 200 et 700 mètres d’altitude. Ce qui en fait l’un des vignobles les plus hauts de France.

Les particularités de la Clairette de Die

Une méthode de fabrication unique

La méthode de fabrication et de fermentation qu’utilisent les producteurs de Clairette de Die, provient de l’ancienne méthode, mais a été un peu adaptée par les producteurs.

Le vin fermente premièrement de façon incomplète en cuve, puis on l’embouteille. La seconde fermentation en bouteille est réalisée à partir du sucre résiduel du raisin. Celle-ci est sans ajout de levures ou sucres, contrairement à la méthode champenoise dite « traditionnelle ». Depuis 1971 on appelle cette technique la « méthode dioise ancestrale », apportant une reconnaissance aux producteurs. On utilise toujours cette technique aujourd’hui.

L’Institut National des Appellations d’Origine (INAO) reconnait l’appellation Clairette de Die officiellement par un décret du 30 décembre 1942.

Deux cépages majoritaires et des nouveautés

Aujourd’hui, les cépages utilisés pour la fabrication de la Clairette de Die sont le muscat blanc à petits grains et la clairette.

On utilise le cépage Clairette à 100% uniquement pour l’appellation Crémant de Die. En revanche, on ne l’utilise que très peu dans la Clairette de Die traditionnelle (maximum 25%). En effet c’est le muscat qui y est majoritaire (minimum 75%). La clairette est ajoutée à l’assemblage pour des questions de fraîcheur et d’arômes.

Le vignoble de la Clairette de Die est argilo-calcaire. Ce sol poreux permet de stocker les quantités d’eau suffisantes à la vigne pour passer les périodes plus sèches et arides de l’été.

En 2018, les producteurs se sont vu refuser par le Conseil d’État, l’autorisation de produire de la Clairette de Die en rosé (ajout de Gamay à 10% maximum et de Muscat à petits grains rouges). En effet, certains producteurs s’étaient mis à en faire, mais cela n’était pas inscrit au cahier des charges de l’AOC. Ils n’ont donc pas pu les commercialiser sous cette appellation. Cette interdiction vise également à protéger les producteurs de Cerdon du Bugey. Ces derniers produise également un vin mousseux rosé dans une région voisine plus au nord.

La dégustation de la Clairette de Die

La Clairette de Die est un vin aux arômes fruités, d’abricots et de pêche, ainsi que d’arômes floraux tels que la rose, l’églantine ou le chèvrefeuille.

Le taux de sucre présent dans ce vin en fait un nectar peu alcoolisé, entre 7 et 9 degrés en fonction des producteurs.

Au niveau de la dégustation, la Clairette de Die se déguste à l’apéritif, avec du foie gras ou des toasts de pâté et autres terrines. C’est également un vin qui se laisse apprécier avec un dessert, comme des crêpes, une salade ou tartes aux fruits.

Comme beaucoup de vins sucrés et mousseux, c’est un vin qui ne nécessite pas d’aération particulière. Il se déguste juste après l’ouverture de la bouteille.


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